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Big Racket

Dans les années 70, la situation en Italie n'avait rien de joyeuse. Entre les revendications politiques des Brigades Rouges faites de violence, les attentats, les crimes, etc, la vie était particulière pour les italiens, une période de violence sans merci. Cette période a marqué de nombreux cinéastes qui ont alors décidé de retranscrire cette réalité dans leurs films, c'est le cas d'Enzo G. Castellari qui a sorti en 1976 l'excellent polar urbain ou Poliziotteschi, Big Racket.

Ce Big Racket est un film tout simplement excellent. Celui-ci retrace l'histoire d'une bande organisée qui cherche à se remplir les fouilles en rackettant tous les commerçants d'une ville ainsi qu'en faisant quelques autres mauvais coups. Un flic décide de les prendre en chasse et de les coller derrière les barreaux, malheureusement pour lui, la tâche va être complexe puisque même la police lui met des bâtons dans les roues. On est rapidement plongé dans le contexte historique de l'Italie et ce, de manière violente mais aussi oppressante. Enzo G. Castellari retranscrit donc parfaitement bien la situation terrible de l'Italie des années 70. Toute la violence, toute l'horreur, etc, tout est représenté avec beaucoup de talent tant de la part des scénaristes qui livrent une histoire bien écrite, que de la part du réalisateur qui livre une mise en scène prenante ou que des acteurs qui offrent des prestations de qualité.

Scénaristiquement, Castellari a pris tout ce qu'il fallait pour proposer une histoire à la fois passionnante et divertissante. Divertissante parce qu'on a les codes du polar, un peu de baston (bien qu'un peu rigide), de l'action et de l'humour ce qui suffit à tenir le spectateur lambda devant le film. Passionnant parce qu'en fouillant un peu, on se rend compte que cela traite d'un sujet d'actualité (d'histoire maintenant) tout en proposant une critique profonde d'un fonctionnement qui n'a rien de normal. En effet, c'est une critique de la politique, de la corruption de la police et des hauts placés que fait le film. Le plus important restant le fait que le film reflète vraiment la violence de l'époque.

La dernière partie m'a scotché au fond de mon siège, on vague entre vengeance, justice personnelle et règlements de comptes dans une fusillade époustouflante, une scène particulièrement réussie malgré les défauts d'effets spéciaux, notamment le fait que le sang ne gicle pas toujours avec les impacts de balles. Cela dit, le talent des acteurs et la qualité de la réalisation et de l'écriture font de ce film une oeuvre qui se regarde avec beaucoup de plaisir.

Critique sociétale de qualité, réalisation de qualité, écriture de qualité, dialogues réussis et méchants sans limites, mise en scène maîtrisée, autant vous dire que cela se voit en moins en moins en ce moment. Ce film est donc bien plus intéressant que beaucoup d'autres que l'on peut voir aujourd'hui. On peut aussi remercier Artus Films qui a ressorti les quelques scènes qui avaient été coupées dans le montage français à savoir deux scènes de viols et un peu de nudité qui, sans pour autant apporter grand chose à l'histoire, permettent de bien faire ressortir l'horreur de l'histoire et la violence.

Tag(s) : #Critique Cinéma

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