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Mercenary Kings

J'ai découvert Tribute Games tout à fait par hasard, en tombant un jour sur Ninja Senki, un excellent jeu de plateforme gratuit réalisé par Pixeltao, un développeur très talentueux de Montréal. Après quelques recherches sur la personne, je suis tombé sur Tribute Games, studio indépendant fondé par Pixeltao et d'anciens développeurs d'Ubisoft. Cela remonte à 2011, l'année de sortie de Wizorb, un casse-brique sur fond de fantasy (très sympathique au passage). Ayant été conquis par Ninja Senki et Wizorb, j'ai attendu avec impatience de découvrir leurs prochaines productions, chose faite avec Mercenary Kings sorti sur PC et PS4 en 2014.
Mercenary Kings est un hommage à la saga culte Metal Slug, ainsi qu'à l'univers du jeu vidéo en général, reprenant par-ci par-là de petits éléments sous forme de petits clins d'oeil (je vous invite d'ailleurs à vous amuser à les retrouver tous). Cela dit, la comparaison avec Metal Slug n'est pas très poussée, et heureusement, car on ne veut pas d'une copie de Metal Slug, on veut un jeu, un vrai, même s'il a le style de Metal Slug ! Et c'est effectivement le cas de ce Mercenary Kings qui, en dehors du genre qu'il exploite et de son design, n'est pas un Metal Slug.

Dans Mercenary Kings, on incarne un membre des Mercenary Kings, un groupe de mercenaires qui tente de venir en aide à ses compagnons détenus par le CLAW, une organisation de méchants dirigée par un type encore plus méchant. Le jeu est découpé en différentes missions, reparties sur différents niveaux de difficulté qui correspondent au rang du joueur, à son expérience en quelque sorte. On a droit à plus de 100 missions pour plus d'une quinzaine d'heures de jeu, une durée de vie assez colossale pour un jeu de ce genre. Celui-ci offre, en plus de sa durée de vie, une forte rejouabilité puisqu'on peut chercher à accomplir tous les objectifs de chaque mission, acheter toutes les armes, améliorations, etc. De quoi faire grimper le temps de jeu pour les plus téméraires d'entre nous.

Mais le gros point fort de Mercenary Kings est, sans aucun doute, son aspect RPG. En effet, même si on a affaire à un run and gun, on est plus dans du Deus Ex en 2D ou dans un Monster Hunter comme a pu le dire IGN. D'ailleurs, foncer dans le tas n'est en rien une bonne méthode, mais étudier les patterns des ennemis pour ensuite choisir son approche fonctionne bien mieux. Ca peut paraitre étonnant, pourtant, ça ne l'est pas. Quand on sélectionne une mission, on a un objectif principal à accomplir, ainsi que des objectifs secondaires, le tout étant chronométré. Cependant, et c'est là que commence le RPG, au cours de notre mission, on peut récupérer différents matériaux qui serviront ensuite à créer des améliorations, des armes, des couteaux, et bien plus encore. Il s'agit là du système de craft qui, sans forcément être ultra développé, se montre assez intéressant, notamment pour l'arme à feu que l'on utilise et que l'on peut personnaliser en achetant les différentes parties pour ensuite créer des armes en fonction de l'effet et des caractéristiques que l'on souhaite obtenir. Il en est de même pour les améliorations proposées qui nécessite différents matériaux. On retrouve les codes du RPG, avec les loot, le craft, les quêtes, le "village" qui est ici le QG et où tout est regroupé, etc. C'est super sympathique, une sorte de Monster Hunter-like en 2D et dans une ambiance militaire. C'est très bien fait. Cet aspect RPG s'étend même sur un élément assez insignifiant, un PNJ qui nous donne toutes les indications sur nos ennemis, histoire de connaitre leurs faiblesses, leurs forces, ce genre d'informations que l'on retrouve dans n'importe quel RPG qui se respecte.
Là où ça peut être un peu pénible par contre, c'est au niveau des maps. Elles sont gigantesques, s'étendant aussi bien à l'horizontale qu'à la verticale, avec des passages souterrains, des raccourcis et différents lieux à visiter. Le problème, c'est que c'est tellement grand qu'on s'y perd un peu. Rien ne nous indique sur la carte que l'on a visité tel ou tel endroit, et si on meurt, en fonction de l'endroit où l'on réapparait, on va se trouver proche ou très éloigné de notre objectif, même si on avait traversé presque la moitié de la map. Autre point négatif, le fait que les ennemis réapparaissent assez rapidement après leur mort, moins d'une minute.

J'ai apprécié les mécaniques de gameplay, mais aussi l'aspect visuel du soft. Pixeltao et Tribute Games sont passés maitres dans l'art du rétro et du 8-bit. Les graphismes 2D ressortent à la perfection, et les illustrations ainsi que les animations sont vraiment très réussies. Un plaisir pour l'oeil. Le level design est soigné, et les environnements qui peuvent paraître un peu répétitifs au début se montrent finalement assez variés. N'oublions pas la bande-son terrible que nous livre Patrice Bourgeault est à tomber. L'ensemble rappelle d'excellents souvenirs de jeu.

Un gameplay du tonnerre mêlant RPG et run and gun, une direction artistique magnifique, avec des graphismes 8-bit maitrisés à la perfection et des animations splendides, Mercenary Kings est une réussite incontestable. Ce jeu demande juste au joueur de... savoir jouer sans vouloir foncer dans le tas à la Metal Slug car, si Toukiden n'est pas un Monster Hunter, Mercenary Kings n'est pas un Metal Slug, il ne faut pas l'oublier.

Note :

8/10

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