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Drifter - Tome 01 : Crash

Après la lecture de Lazarus, l'une des trois parutions du nouveau label Comics de Glénat, je me suis attaqué sans tarder à la suite, à savoir, le premier tome de Drifter, une série un peu plus discrète, mais pourtant au potentiel énorme.

Le futur. Dans sa grande tradition de colonisation, l’Humanité s’est attaquée à d’autres planètes, minant et épuisant les ressources naturelles qu’elle rencontre sur son passage et, accessoirement, en laissant derrière elle des kyrielles de mondes inertes, sans vie... Abram Pollux va connaître un destin peu ordinaire sur la planète Ouro où son vaisseau spatial KF424 s’écrase violemment après une tentative d’atterrissage des plus périlleuses. Lorsqu’il s’éveille péniblement, la mémoire embrouillée, il se retrouve immédiatement confronté à un extraterrestre d’apparence belliqueuse. S’en suivra une confrontation dont notre héros sortira indemne, mais qui lui fera comprendre que sa peau ne vaut pas bien cher en cette lointaine contrée. C’est quand il débarque dans une ville fantôme qu’Abram comprend véritablement le sens de sa nouvelle mission... Son épopée survivaliste se transformera alors en véritable quête d’humanité.

Dès la première page de Drifter, c'est la grosse surprise. On se prend une énorme claque visuelle qui se poursuit tout au long de l'album. Graphiquement, Drifter est une tuerie, une pure merveille, de celle que l'on ne veut pas lâcher. Le dessin de Nic Klein, dessinateur allemand ayant travaillé sur Captain America, Doc Savage, Thor, et autres, est d'une beauté époustouflante, à tomber par terre. C'est la première chose qui captive le lecteur à l'ouverture du bouquin, ce travail fou sur les graphismes, ces doubles-pages magnifiques et ces planches à couper le souffle.

Bien évidemment, l'histoire de Ivan Brandon, scénariste de quelques comics chez DC et Marvel ainsi qu'Image, suit ensuite. On se prend rapidement à l'histoire étant donné que celle-ci ne laisse rien paraitre dès le début, si ce n'est une aventure intrigante. On découvre un personnage, Abram Pollux, qui se crash sur une mystérieuse planète. Après quelques mésaventures, il est recueilli par une jeune femme qui le soigne. Une fois rétabli, il se rend compte qu'il se trouve au milieu de nulle part, tout du moins, dans un endroit qu'il ne connait pas. Il ne cherche qu'une chose, des réponses, savoir ce qui lui est arrivé, etc. Interviennent ensuite pleins d'autres personnages dont les lignes viennent se superposer à celle de Pollux sans forcément se croiser entre elles. J'avoue qu'on se retrouve un peu perdu dans cet imbroglio d'intrigues et d'histoires puisque Brandon ne fait que les multiplier ce qui a pour effet d'amener des questions encore et encore. Déjà que l'on est dans l'inconnu total avec le mystère du crash, en plus de quoi on essaye de comprendre ce qu'il arrive à Abram et il faut encore se demander qui sont les autres, ce qu'ils font, d'où ils viennent en plus des interrogations liées à l'endroit où l'histoire se déroule. C'est un peu déroutant sans pour autant être dérangeant. Disons que l'on reste sur notre faim à cause du manque de réponses et la multiplication de questions, mais finalement, c'est le jeu et Brandon parvient parfaitement à nous maintenir en haleine jusqu'à la fin pour nous pousser à lire la suite. Mais tout de même, on aurait aimé qu'il y ait moins d'éléments amenés d'un coup et que l'ensemble soit un peu plus fouillé, creusé. Même le personnage principal Pollux reste pour nous un parfait inconnu.

Mais ce premier tome a pour but de poser les bases d'un univers qui se montre vite complexe et aussi riche qu'intense. Malgré un déroulement un peu lent, rythmé par quelques passages qui donnent dans l'action et le rebondissement, avec un suspense intéressant, on est à fond dans le truc. Accroché à l'album pour connaitre la suite. Il y a un eu un gros travail pour tisser une toile de fond importante histoire de développer un univers qui a de la profondeur et de l'épaisseur. C'est donc l'univers qui est privilégié dans ce premier tome, tant visuel que textuel, au détriment de la résolution des interrogations. On se trouve donc plongé dans une sorte d'épopée galactique sur une planète inconnue avec un côté western terriblement plaisant. C'est le style de mélange que j'adore, Western/SF, Star Wars, Firefly ou encore Ignition City de Warren Ellis (bien sûr, il n'y a pas que ça). C'est un mélange qui fonctionne super bien et qui peut offrir des possibilités énormes.

Bon, au final, Drifter c'est un truc de dingue. Une série complexe qui se dévoile petit à petit sans trop donner d'indices, une ambiance étouffante, avec une atmosphère oppressante, quelques lourdeurs dues à une narration en voix-off, et des planches exceptionnelles. En somme, un gros potentiel duquel il serait dommage de se priver.

Tag(s) : #Review Comics

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