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42, un film à voir et avoir !

Jackie Robinson n'est pas n'importe qui. Jackie Robinson, né Jack Roosevelt Robinson, est le premier joueur de Baseball noir à avoir évolué en Ligue Majeure, en intégrant en 1947 l'équipe des Dodgers de Brooklyn après quelques années passées chez les Royaux de Montréal à partir de 1945. Jackie Robinson, avec l'aide du célèbre et controversé manager Branch Rickey, a ainsi ouvert les portes du Baseball et de la Ligue Majeure à de nombreux autres joueurs afro-américains grâce à son talent et son acharnement. C'est ce que le réalisateur Brian Helgeland (Payback, Chevalier, Le Purificateur) a cherché à nous expliquer au travers de ce long mais passionnant biopic sur Jackie Robinson, 42, produit par Legendary, ceux de Pacific Rim et Godzilla.

Avec 42, Brian Helgeland signe son quatrième film, et autant vous dire que c'est un film tout simplement splendide du début à la fin. Comme je le disais, 42 nous raconte l'histoire du grand Jackie Robinson, incarné par un Chadwick Boseman au top niveau. A ses côtés, nous retrouvons aussi Harrison Ford dans le rôle de Branch Rickey. J'ai d'ailleurs été agréablement surpris par la prestation d'Harrison Ford. On était surtout habitué à le voir dans des projets de films d'action, d'aventures ou de SF, le découvrir ici, dans un rôle relativement posé, est assez amusant. D'autant plus que Ford est un très bon acteur et il montre qu'il peut jouer tous les rôles possibles dans tous les genres de films existants. En dehors de ce casting bien servi (Christopher Meloni, Lucas Black, John C. McGinley, Alan Tudyk, Nicole Beharie, Toby Huss, Brett Cullen…), ce qui plait vraiment avec 42 c'est qu'il s'agisse d'une histoire vraie et en plus de ça, d'une histoire parfaitement bien racontée. Il est toujours plus facile de se laisser prendre dans un film basé sur des faits réels, mais quand la réalisation est bonne, c'est encore mieux, et Helgeland a fait un excellent boulot avec 42, tant au niveau scénario qu'au niveau de la réalisation.

Après tout, l'histoire ne peut être que passionnante : Branch Rickey est un manager reconnu. Mais envers et contre tous, il décide de prendre un "nègre" dans son équipe de baseball. Même si ce choix n'est pas du goût de tous, Rickey va faire tout son possible pour qu'il soit accepté. C'est aussi le cas de Jackie Robinson qui s'est battu malgré ses détracteurs pour défendre sa cause et celle de son peuple, de ses amis, etc. Le combat n'est certes pas de la même envergure que celui qu'a mené Mandela, c'est certain, mais ça reste le même combat. Un combat contre la ségrégation, contre l'injustice, un combat qui nous montre que tout est possible et que tout peut changer. Ce fut deux combats qui ont eu beaucoup d'importance, l'un comme l'autre, sur l'histoire de la ségrégation, et c'est très beau. J'ai particulièrement apprécié la manière dont celui-ci a été traité. Tout d'abord, le film ne se prive pas de montrer avec beaucoup de réalité la manière particulièrement injustice et absurde avec laquelle les noirs ont été traités pendant de longues années. Comme il est dit dans le film, si Jackie avait été blanc, le fait qu'il soit rebelle n'aurait posé aucun souci et on aurait dit qu'il avait simplement une conscience. Nous sommes d'accord pour dire que cela montre bien qu'il est absurde de prendre les noirs comme des animaux alors qu'ils sont comme tous les autres humains. Ensuite, 42 est très manichéen, sauf qu'il n'y a rien de plus vrai que ça. Nous ne pouvons pas faire autrement que prendre parti pour Jackie Robinson à cause de la manière dont les blancs se permettent de l'écraser. On est simplement dans la parfaite représentation de l'injustice qu'a subie un peuple entier durant de nombreuses années.

Après, en dehors de l'aspect quelque peu engagé de 42, on prend énormément de plaisir à le regarder car, malgré son sujet, il est très drôle, il n'est pas rare de rire, tout en étant atterré par une situation qui n'aurait jamais dû se produire. 42 est vraiment captivant et magnifique. Magnifique parce qu'il montre sans mensonge le combat d'un homme pour se faire accepter. De surcroît, il est particulièrement émouvant, on est réellement touché par ce que l'on voit et attristé par le calvaire que vit Robinson qui ne fait que dévoiler une certaine jalousie de la part de ses tortionnaires. Cela ne fait que prouver que l'homme peut faire preuve d'une débilité profonde envers ses semblables.

42 est un film splendide qui mérite de se faire connaitre et de rencontrer un large succès. Un incroyable casting pour une très bonne réalisation, un scénario parfaitement bien écrit et une histoire touchante. Un personnage épique, une bande-son épique, un film magique. D'ailleurs, celui-ci s'inscrit dans une longue lignée de biopic lancé avec Les Chemins de la dignité de George Tillman Jr et racontant une partie de la vie de Carl Brashear, premier scaphandrier afro-américain, ou encore Mandela : Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick. Finalement, même les plus petits combats sont des combats importants.

42, réal. Brian Helgeland, éd. Warner Bros, 123 min, sortie vidéo : 02 mai 2014.

42, un film à voir et avoir !

Fiche Technique :

Format : Couleur, Plein écran, Cinémascope, PAL
Audio : Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
Sous-titres : Français

Synopsis :

En 1946, Branch Rickey rentre dans l'histoire en intégrant Jackie Robinson à l'équipe, rompant ainsi la tristement célèbre réputation de la couleur blanche de la Ligue Majeure de baseball. Faisant face à un racisme sans faille de tous les côtés, Robinson est forcé de démontrer un courage incroyable et de se restreindre de ne pas réagir, et au contraire il laisse son talent sur le terrain parler pour lui - lui permettant de gagner ses fans et ses coéquipiers, de faire taire les critiques, et de tracer un chemin pour que d'autres le suivent.

Tag(s) : #Critique Cinéma, #Cinéma

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