Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les Vierges de la Pleine Lune, un chef-d'oeuvre du cinéma gothique

Titre : Les Vierges de la Pleine Lune
Réalisateur : Luigi Batzella
Scénariste : Alan M. Harris et Ralph Zucker
Producteurs : Ralph Zucker
Acteurs : Rosalba Neri, Mark Damon, Esmeralda Barros...
Éditeur DVD : Artus films
Date de sortie : 1er avril 2014
Format disponible : DVD
Description : Depuis des années, Karl Schiller recherche l’anneau des Nibelungen, bijou mystique qui confère la puissance à celui qui le possède. Alors qu’il mène une quête archéologique, son frère jumeau, Franz, convoite l’anneau à des fins personnelles. Il devance Karl et se retrouve en Transylvanie, au château du comte Dracula. Là, il rencontre la comtesse, la veuve de Dracula, qui le séduit et le vampirise. Peu après, Karl arrive lui aussi au château, pour découvrir une étrange cérémonie de noces suivie par un sacrifice rituel de jeunes vierges…

Les Vierges de la Pleine Lune, un chef-d'oeuvre du cinéma gothique

Caractéristiques DVD :

Format image : Format Cinémascope 1.85 original respecté 16/9ème compatible 4/3 Couleur
Format Son : Version Italienne, Version Française
Sous-titres : Français
Durée : 78 minutes
Nombre de disques : 1
Prix : 12€90

Luigi Batzella - connu pour des films tels que Django : les salauds ont un prix, Nude for Satan, Erika : Les derniers jours des SS ou le très célèbre Holocauste Nazi - n'a rien d'un grand réalisateur. Bien au contraire, il se trouve être un assez médiocre réalisateur de films de série B (voire Z), tout juste divertissants. Cela dit, avec son film Les Vierges de la Pleine Lune, datant de 1973, il donne une seconde vie, un second souffle, au cinéma fantastique, qui avait été largement abandonné à la fin des années 60, début 70.

Les Vierges de la Pleine Lune, un chef-d'oeuvre du cinéma gothique

Celui-ci nous transporte au XIXème siècle où nous faisons la rencontre de Karl Schiller, un homme qui mène des recherches sur un anneau très puissant qui donnerait à son possesseur d'immenses pouvoirs surnaturels, et ayant appartenu au Comte Dracula. Cet anneau, nommé l'anneau de Nibelungen, son frère jumeau, Franz Schiller, le convoite aussi, mais à des fins personnels. Franz devance alors Karl en se rendant en Transylvanie, au château de Dracula, où il fait la rencontre de la Comtesse Dolingen de Vries. Cependant, cette dernière n'est autre que la veuve de Dracula… Un peu plus tard, Karl se rend à son tour au château où il découvre ce qu'il s'y passe réellement : une cérémonie de noces accompagnée par de nombreux sacrifices de jeunes vierges, un rituel qui a lieu tous les 50 ans et durant lequel 5 jeunes vierges d'un village alentour sont choisies et emmenées au château de Dracula pour être tuées.

J'ai un avis très tranché sur ce film que j'ai vraiment apprécié. Les Vierges de la Pleine Lune est, pour moi, un chef-d'œuvre. Je dis "pour moi" car je sais que beaucoup ne seront pas d'accord avec cet avis que je défends, même s'ils seront prêts à dire qu'il s'agit effectivement d'un bon film - le seul qu'ait réalisé Luigi Batzella en passant. A ce film, basé sur un script de Ralpha Zucker et Alan M. Harris, je lui concède sans souci un grand nombre de qualités, tant dans les idées dégagées par le scénario, que dans la réalisation. Il me semble important de commencer par le script qui, de par son côté alambiqué, voire assez invraisemblable parfois, même pour un film fantastique, permet au réalisateur de nous offrir un truc totalement décalé, jouant ainsi sur les codes du film gothique avec tout ce qu'il faut dedans, à savoir : un château particulièrement lugubre (celui de Dracula, le most), des chauves-souris terrifiantes, des vampires, et une secte qui pratique le sacrifice de jeunes vierges, que demander de plus ? De tout cela découle une ambiance très particulière, et très prenante tout au long du métrage, qui, finalement, se révèle être l'essence même du film. De la scène d'introduction à la scène finale, en passant par le bain de sang ou les sacrifices de jeunes femmes, c'est sur cette ambiance malsaine et perverse, qui met mal à l'aise le spectateur, que tout repose. Sans ça, Les Vierges de la Pleine Lune ne parviendrait pas à convaincre totalement. Là, il devient perturbant et sombre, et on est absorbé dedans.

Les Vierges de la Pleine Lune, un chef-d'oeuvre du cinéma gothique

D'autant plus que ce scénario est appuyé par une réalisation tout aussi réussie malgré quelques défauts liés à un faible budget certain pour Les Vierges de la Pleine Lune. Accordée à Luigi Batzella, il ne serait pas étonnant - vu la qualité de ses autres films - que ce soit en réalité Joe d'Amato, co-réalisateur non crédité du film, qui soit passé derrière la caméra. Bref, passons. Sous une réalisation un peu bancale et parfois confuse - la faute à ce manque de budget - on trouve en réalité un film de vampires captivant, aux excès de folie et au suspense bien gérés, le tout couplé à des trucages modestes mais qui font leur effet aux yeux du public. Nous avons droit à de nombreuses scènes marquantes et des effets visuels qui, malgré une technique moyenne, restent accrochés à l'esprit du spectateur. La réalisation tient la route, ce qui n'est pas toujours le cas de toutes les productions à petit budget, mais en plus de ça, elle est recherchée, travaillée et poussée au maximum. Tout comme la photographie, que Joe d'Amato maitrise à merveille. C'est en grande partie grâce à d'Amato si le film vire souvent dans un trip bien psychédélique, avec jeux de couleurs et de lumière très ingénieux au rendez-vous.
Il suffit de regarder la scène d'introduction pour s'en apercevoir : une jeune femme qui court, des cris perçants, un effet de vision "vampire", du sang qui coule sur l'écran, etc, dès le début, on est happé dans le film. Surtout que l'ensemble des Vierges de la Pleine Lune est relevé par un rythme élevé et intense qui ne laisse place à l'ennui. Cependant, ce rythme et cette ambiance n'auraient pas du tout le même impact sans la bande-son de Vasili Kojucharov. Il a entièrement cerné le rôle qu'il avait à jouer dans l'histoire. Il livre donc une partition sans fausse note, accentuant l'effet marquant de certaines scènes et les imprégnant dans notre esprit. L'efficacité des ambiances et de la réalisation est donc renforcée par la qualité sonore des magnifiques morceaux qu'il a composés, mélangeant le classique et le baroque pour faire des tonalités gothiques qui ne dénotent en rien avec les images, l'aspect visuel, du film. Il fait ressortir toute la puissance de certaines scènes et en accentue la tension.

Mais le film n'aurait pas pu être aussi bon si le casting ne l'avait pas lui-même été. Nous avons donc, au top de sa forme, un Mark Damon qui interprète, avec beaucoup de talent, Franz Schiller et Karl Schiller, deux personnages totalement différents dans le fond comme dans la forme. Une Rosalba Neri en comtesse Dracula qui donne des frissons. Une Enza Sbordone, fille de tavernier, avec un second rôle qui lui va comme un gant. Sans oublier Esmeralda Barros, la servante de la comtesse, un personnage froid, terrifiant, livide et mort. Ces trois actrices sont de très belles femmes, et le choix de celles-ci se devait d'être bon puisque Luigi Batzella ne pouvait se résoudre à ne faire qu'un simple film gothiquo-fantastique. Il fallait absolument une touche d'érotisme. C'est pourquoi il n'est pas rare de voir une paire de seins ou une paire de fesses ainsi que quelques scènes de sexes plus longues et plus explicites que d'ordinaire, transformant ainsi le film en un gothiquo-érotico-fantastique. Toutefois, je tiens à préciser qu'il n'y a rien de vulgaire dans ces scènes érotiques, bien qu'elles ne soient là uniquement pour vendre un peu plus.

Les Vierges de la Pleine Lune est un tout. Rien ne peut fonctionner sans le reste. Tout est très bien orchestré, et la mise en scène du film étant bonne, le film est forcément bon lui aussi. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, Luigi Batzella est parvenu à faire des Vierges de la Pleine Lune un excellent film qui marque les esprits en plus d'être passionnant de bout en bout, avec des acteurs au top de leur forme et une BO qui vaut le détour. Alors pourquoi se priver d'un si bon moment ?

Les Vierges de la Pleine Lune, un chef-d'oeuvre du cinéma gothique

Pour conclure cette critique, je tiens à raconter une petite anecdote très sympathique. Le fait est que Les Vierges de la Pleine Lune, en revisitant un peu la culture et la mythologie gothique, en est un hommage, puisqu'il nous permet de découvrir la veuve de Dracula, ici appelée la comtesse Dolingen de Vries. Sauf que cette Dolingen de Vries n'est en réalité personne d'autre que la fameuse comtesse Báthory aussi nommée la "comtesse Dracula". Il serait un peu long d'expliquer le pourquoi du comment. Sachez simplement que comme ce qui est raconté dans les légendes autour de la comtesse Bathory, Dolingen de Vries aime les bains de sang, ainsi qu'enlever et tuer de jeunes femmes. Dans tous les cas, les points communs entre les deux personnages sont bel et bien là, et l'analogie faite est très amusante car cela permet au final de mettre en œuvre un personnage réel, qui plus est, un personnage dont la vie est passionnante. On sent que l'esprit derrière le film est un esprit torturé, et le résultat est finalement plutôt bon.

Tag(s) : #Critique Cinéma, #Cinéma

Partager cet article

Repost 0