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Le petit livre de la Grande Guerre, une analyse détaillée des causes et effets de la Première Guerre Mondiale sur l'Europe

Titre : Le petit livre de la Grande Guerre
Auteur : Jean-Yves Le Naour
Illustrateur : -
Éditeur : J'ai Lu
Pages : 125
Description : Toutes les clés pour comprendre la Première Guerre mondiale : les crises qui ont provoqué le conflit, les rivalités économiques et coloniales, les questions nationales, le déroulement de la première guerre totale.

En cette année 2014, la Première Guerre Mondiale "fêtera" ses cent ans. Car oui, c'est en 1914 que l'un des conflits les plus dévastateurs a débuté pour finir plus de 4 années de combat plus tard, le 11 novembre 1918. Qualifié de guerre totale, ce n'est pas la première, mais il s'agit d'une des plus marquantes d'entre elles. Femmes comme hommes, arrière comme front, tous se sont mobilisées dans l'effort de guerre, et l'on compte 18,6 millions de morts, 20 millions de blessés, un génocide arménien, une Révolution Russe, tant d'événements frappants qui découlent tous de cette guerre plus industrielle que politique. Mais finalement, une lourde question se pose à nous, lecteurs, collégiens, historiens, passionnées, fils/filles ou petits-fils/petites-filles de poilus : Quelles sont les raisons, les causes, qui ont mené à ce conflit ?

Nombreux sont ceux, politiciens et militaires dans un premier temps, historien dans un second, qui ont tenté de déterminer qui étaient les fautifs dans l'histoire. Ne serait-ce que pour mettre en place le Traité de Versailles, un traité de paix inégal déterminant les lourdes sanctions prises à l'encontre de l'Empire Allemand qui se voie alors forcé de payer les réparations de la guerre pour ceux de la Triple-Entente, mais qui se retrouve aussi privé de ses brevets, d'une partie de ses territoires, de ses forces militaires, etc. En résulte un empire ridiculisé, trainé dans la boue, vidé de toute sa substance et mis à genoux face aux "gentils vainqueurs". Comme toujours, les "perdants" payent pour les "gagnants". Cela dit, rares sont ceux qui ont cherché les raisons qui ont amené l'Europe, pourtant dans une situation prospère, tant au niveau économique que militaire, à se déchirer. Pour autant, elles sont assez nombreuses.

Plusieurs conflits avant-guerre ont créé de grandes tensions entre les différents blocs constituant l'Europe, se retrouvant alors sous pression. Mais avec cette pression et ces tensions vient une certaine peur face à l'idée qu'une nouvelle guerre se déclenche, tout le monde se met à craindre tout le monde, à se haïr, et à penser que les uns et les autres vont passer à l'attaque. L'Europe se trouve plongée dans une incompréhension la plus totale. Et c'est ainsi que deux alliances se forment, divisant une fois encore l'Europe. D'un côté, la Triplice, alliance entre l'Empire Allemand, l'Empire Austro-hongrois et le Royaume d'Italie (rejoint plus tard par l'Empire Ottoman). Puis de l'autre, la Triple-Entente, la France, le Royaume-Uni et l'Empire Russe. Mais déjà, chaque pays de chaque alliance se trouve en conflit avec un autre pays de l'alliance opposée, et cela n'a que pour effet de renforcer les tensions et les peurs de chacun. Si un pays déclare la guerre à un autre, c'est toute l'Europe qui devra y prendre part, bien que personne n'y croie, ils vivent tous dans la peur d'un conflit qu'ils pensent impossible. Jusqu'au moment où un événement lourd de conséquences, considéré comme déclencheur, survient. L'attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 contre l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire Austro-hongrois, assassiné par un nationaliste serbe. Bien que rapidement oublié par la presse et par le peuple, l'état-major Autrichien, lui, ne laisse pas passer la chose, d'autant plus qu'il cherche un prétexte pour s'attaquer à Belgrade, capitale de la Serbie. Pour mettre son plan à exécution, l'état-major Autrichien décide de poser un ultimatum intentionnellement inacceptable pour la Serbie. Le 25 juillet, la Serbie annonce son refus de se plier aux conditions de l'état-major Autrichien, et le 26 juillet, Belgrade est bombardé par l'armée Autrichienne. Mais les uns ayant pris parti pour les autres, la guerre commence.

A la suite de quoi s'enchainent, les unes après les autres, guerres de mouvement, de tranchées, de position, d'usure, Verdun, la Somme, le Chemin des Dames, etc, de véritables boucheries où même les civils ne sont épargnés. Ce qui était au départ une guerre militaire se transforme en du terrorisme et des atrocités impensables sont commises. Mais tous continuent de se mobilisent, notamment les États-Unis qui finissent par entrer dans le conflit, et même les soldats qui, des deux côtés du front, en ont marre et se lassent de cette guerre qui dure depuis trop longtemps. Ils prennent conscience qu'ils ont été trahis, et leur patriotisme, petit à petit, s'efface laissant place à un amer sentiment d'abandon. En plus de ça, l'Allemagne ne cesse de les faire reculer et gagne du terrain. Toutefois, si les stratèges et tacticiens allemands dominent ceux français, les soldats tiennent le coup, personne ne veut abandonner et les nombreuses propositions de paix, en provenance des concernés par la guerre ou encore du Pape, sont refusées. On veut combattre, on veut des gagnants, on veut des perdants.

Ludendorff, général en chef des armées allemandes, tente alors ce qu'il pensait être sa meilleure stratégie, une gigantesque offensive finale qui livre en mars 1918. Disposant de la supériorité numérique en hommes et en artilleries, il pense que c'est gagné d'avance, malheureusement pour lui, il ne parvient à percer le front français aidé par les Américains. Il prend la décision de proposer un armistice en novembre 1918, et de cet armistice découlera le fameux Traité de Versailles.

Jean-Yves Le Naour, au travers des quelque 125 pages de son petit livre de la Grande Guerre, réussit parfaitement bien à nous résumer cette Première Guerre Mondiale. Dans une analyse claire et précise, il ne cherche à accuser personne ni à disculper quiconque, simplement à étudier la guerre d'un angle nouveau, en faisant ressortir tous les tenants et les aboutissants. Il y aborde aussi bien le front que l'arrière, la guerre comme l'économie, le rôle des hommes comme celui tout aussi important des femmes, etc. C'est un excellent cours d'Histoire qui peut être utilisé en complément d'un enseignement ou se suffire à lui-même.

Pour conclure, la Grande Guerre n'aura servi à rien si ce n'est sacrifier des millions d'Hommes et de ressources inutilement afin de tester des armes et des nouvelles technologies issues de la révolution industrielle.

Tag(s) : #Chronique Littérature

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