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Le Monde de Fernando, le post-apo comme vous ne l'avez encore jamais vu

Titre : Le Monde de Fernando
Auteur : Hervé Thiellement
Illustrateur : Mike HOFFMAN
Éditeur : Rivière Blanche
Pages : 392
Description : Fernando est un fernand, un humain édité à des milliers d'exemplaires, génétiquement sélectionné par Le Programme pour survivre sous terre après les bombes atomiques. C'est un clone de soldat mais il n'a pas du tout envie de faire la guerre. Il va rencontrer d'autres types de souterriens et, sans l'avoir voulu, changer le monde, celui des hommes et des autres espèces pensantes qui peuplent désormais la planète.

La nouvelle génération, celle des hybrides de clones et d'espèces, partira à la redécouverte de la planète Gaïa en vivant des aventures extraordinaires, dangereuses ou étranges, mais toujours dans la joie et le plaisir de l'amour et de l'amitié partagés. Ils seront adoptés par les pyramides, deviendront demi-dieux et Abou le sphinx sera leur ami.

De l'autre côté de l'Atlantique, Fernando et ses compagnons rencontreront d'autres souterriens et d'autres animaux pensants, mais aussi des puissances maléfiques et des tyrannosaures. Sans parler de la difficulté de communiquer avec les Poisshoms. Progressivement, c'est toute la planète qui se retrouvera unifiée par la volonté et la puissance des nouveaux surdoués. Sera ainsi résolue, en toute simplicité, l'énigme de l'origine de l'Univers.

Le Monde de Fernando, enfin ! Faut dire que je l'attendais celui-là, c'est quand même du Hervé Thiellement, alors on ne peut pas se permettre de passer à côté, surtout après avoir lu son classique Le Dieu Était dans la Lune. C'est donc avec grand plaisir que l'on découvre ce Monde de Fernando. Ou pour certain, qu'on le redécouvre, car il s'agit ici d'une intégrale reprenant les trois volumes de la saga du Monde de Fernando, à savoir, Les Souterriens, Les Hybrides et Les Autres. Mais en plus de regrouper trois ouvrages dans un seul gros pavé, Hervé Thiellement a aussi "intégralement refondu, raccourci et rallongé, simplifié et compliqué" afin de "faire un seul gros pavé, le plus digeste possible". Mais venons en maintenant à l'histoire que raconte cet ouvrage, publié chez Rivière Blanche.

Le Monde de Fernando est une sorte de récit post-apocalyptique dans lequel nous suivons la vie de Fernando, un fernand, humain cloné à des milliers d'exemplaires, génétiquement sélectionné par Le Programme, afin qu'ils puissent survivre sous terre après l'explosion de bombes atomiques, et rendant la vie sur terre totalement impossible. Destiné à combattre les super-taupes, ennemi de toujours des souterriens, Fernando n'en a pas la moindre envie. Il préfère vivre sa petite vie tranquille, dans son coin. Jusqu'au jour où une magnifique idée germe dans sa tête… Et s'il fondait une petite colonie à la surface de la Terre ? Fernando, tout excité, part en quête de nouvelles rencontres afin de fonder sa colonie. C'est ainsi qu'accompagné par des michèle, lili, carole, jules, d'autres clones ainsi que Tôt, une super-taupe, il s'embarque dans une aventure qui ne sera pas de tout repos.

Avant toute chose, il est important de préciser que Le Monde de Fernando est un récit de science-fiction très original. Je dirai même que plus qu'un livre de science-fiction, il s'agit là d'un livre de philosophie. En effet, au travers d'une quête qui n'est pas sans rappeler celle des premiers colons, des pionniers de notre monde, Hervé Thiellement cherche à nous faire passer un important message. D'une manière très simple, avec un côté "roman d'anticipation", le récit imagine une sorte de retour aux sources mêlé à une libération du matérialisme qui oppresse les Hommes. L'auteur essaye de nous faire prendre conscience que nous devons arrêter d'écraser la nature, que nous devons vivre avec elle. Un nouveau départ s'impose à l'Homme s'il ne veut pas se condamner lui-même. Car finalement, à notre époque, nous vivons tous enfermés entre quatre murs, ou bien derrière nos écrans. Les contacts sociaux directs se font de plus en plus rares, tout comme le fait que de moins en moins de personnes ne se donnent la peine d'aller faire un tour en forêt ou en montagne. On a atteint un confort personnel, mais au détriment de la planète, et en particulier à celui de la nature. Alors que nous pourrions très bien vivre dans un monde simple, sans technologie avancée, avec juste le strict nécessaire, en étant totalement libérés du superflu, du joug du matérialisme. Le Monde de Fernando, c'est aussi un moyen d'imaginer un monde où chacun vivrait en harmonie avec les autres, les insectes, les animaux, et la nature. C'est aussi une manière de nous dire que finalement, les choses les plus simples au monde permettent d'être facilement heureux. En plus de ça, un certain message de paix se cache entre les lignes de ce roman. Dès le début, on découvre un monde dans lequel les hommes et les super-taupes s'affrontent sans cesse, jour après jour. Puis rapidement, avec l'aide de Fernando, les choses s'arrangent, on oublie les vieilles rengaines, on se pardonne et on vit en harmonie. Loin d'une mouvance hippie, on baigne là en pleine réalité. Le Monde de Fernando, c'est une longue fresque, critique profonde d'une société moderne créatrice d'inégalités, mais aussi une critique d'un tas de petites choses qui nuisent au bien-être de chacun. Le nucléaire, la haine, le racisme, l'esclavagisme, le capitalisme, etc. J'ai vraiment été très enthousiasmé, très emballé par cet aspect critique et philosophique. Le récit est très intelligent, il nous pousse à nous questionner sur l'homme, sur l'univers, sur la vie et son sens. De surcroit, la plume de ce cher Hervé est très belle, et les descriptions qu'il livre sur les environnements, sur les personnages, sur leur psychologie sont très intéressantes.

Malheureusement, cet aspect-ci s'efface petit à petit pour laisser place à un récit plus axé sur de l'aventure pure et dure. Après les 200-250 premières pages, le rythme, qui montait pourtant petit à petit, redescend, et le récit, jusqu'alors passionnant, finit par s'éterniser, et traine en longueur. On suit en réalité le même schéma. On découvre un lieu, on s'y pose, puis on voyage. La première fois, c'est intéressant, mais après, ça perd de son intérêt, et l'ennui se fait. En plus de cela, on ne comprend plus vraiment où l'auteur veut en venir, et c'est assez dommage. On a beau voyager à Paris, en Égypte ou en Amérique du Sud, ça ne suffit pas à maintenir le lecteur en haleine, même si nous avons droit à quelques scènes d'action bien trempées, et des rebondissements fort prenants. Le roman fourmille de bonnes idées. Les animaux que l'on rencontre, la philosophie qu'il dévoile, etc, mais tout ça baigne dans une narration un peu bancale et désuète, qui fait que les idées ne sont soit pas très bien expliquées, soit pas très bien exploitées. Avec ça, on compte pas mal de répétitions, de morceaux de phrases, de commentaires sur un personnage, etc, et c'est surtout dans la seconde moitié du récit que c'est comme ça, et encore une fois, c'est vraiment dommage.

Pourtant, je vous conseille amplement de lire ce bouquin du début à la fin. Pas simplement parce qu'Hervé Thiellement est quelqu'un que j'apprécie beaucoup. C'est surtout pour la leçon que donne cet ouvrage, pour sa philosophie si vraie, si juste, et pour son histoire qui, malgré une certaine lourdeur sur la fin, mérite d'être lu. Thiellement, c'est de la bonne SF comique. Et parfois, rire, ça fait du bien.

Tag(s) : #Chronique Littérature, #Littérature

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