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[Interview] Simon Pothier, créateur de Nat et The Wolfdragon

Cela faisait un petit moment que je ne vous avais pas proposé d'interview. Mais voilà que je reviens avec celle de mon ami Simon Pothier, un super dessinateur québécois !

Il est l'auteur des comics Nat le mercenaire, Nat : Prélude ou encore du prochain The Wolfdragon.

Voici donc pour vous l'occasion d'en apprendre un peu plus sur lui.

Bonne lecture !

Valentin Therriat : Hey Simon !

Peux-tu te présenter un peu, en quelques phrases ?

Simon Pothier : Je suis Bédéiste et artiste 2D/3D, père monoparental de deux petits hommes l'un nommé Logan, et l'autre Nathan. Je suis diplômé du Collège de Bois-de-Boulogne, et je poursuis actuellement mes études au NAD [centre de formation 3D à Montréal, NDLR] en animation 3D pour cinéma.

En 1995, j'ai commencé à écrire et dessiner une BD intitulée The Everheart Chronicles que j'ai dû mettre de côté pour raison de maladie. En 2005, l'année de la naissance de mon premier fils Logan et la rencontre avec Micheal Turner (RIP), j'ai décidé de me remettre au travail sur ma BD [The Everheart Chronicles] qui est devenue The Wolfdragon.

En 2010, après avoir terminé de réécrire The Wolfdragon pour la 4ème fois, j'ai débuté la production du premier volume qui a été malheureusement retardé à cause de problèmes personnels et professionnels.

En 2013, ma deuxième BD, Nat, le mercenaire, est alors publiée dans les pages de Zidara9 vol. 3 suivi de Nat : prélude. Mais 2013, c'est aussi mon retour sur le volume 1 de The Wolfdragon que j'ai complété une nouvelle fois.

Avant de faire de la BD ton métier, tu étais donc un grand lecteur de BD/comics ?

Oui, j'ai toujours lu de la BD, depuis que je suis tout jeune.

Et d'où te vient cette passion pour la BD ?

J'ai toujours été passionné par le dessin, et l'animation, et j'ai toujours eu une certaine curiosité envers la BD, mais au début, je ne m'intéressais qu'au artistes. Puis un jour, aun ami m'a donné The Dark Knight Returns de Frank Miller, et j'ai lu mes premières copies de Heavy Metal Magazine, Red Ketchup dans Croc ainsi que Lobo de Simon Bisley, le moment déclencheur. Mon ami avait compris que ce que je voulais, c'était des histoires plus matures provenant de mes préférences littéraires et cinématographiques. Après ça, je suis tombé dans le monde d'Image Comics avec des comics comme Cyberforce de Silvestri, Wildcats de Jim Lee, Spawn de Mcfarlane et Savage Dragon de Larsen, sans oublié Battle Chasers de Madureira, Danger girl de Campbell, mais aussi du Dark Horse Comics avec Hellboy de Mignola, Monkeyman and O'brian de Arthur Adams, Sin city de Frank Miller et The Dirty Pair de Warren. En même temps, j'ai aussi découvert la BD euro plus mature avec Bisley, Moebius, Jodorowsky, Enki Bilal, ou encore Gimenez.

Comment en es-tu arrivé au dessin et à vouloir devenir dessinateur de BD ?

J'ai toujours dessiné, ma grand-mère Vivianne disait que j'étais né avec un crayon dans la main. Je dessinais sur les murs avant de marché, et je redessinais tous les personnages des séries animées que je regardais. Durant les années 90, j'étais toujours en train de dessiner, tout le temps, avec, pour but, de devenir dessinateur pour DC et Marvel. Mais après avoir été démoli par Denis Rodier durant une convention à Montréal, j'ai mis ça de côté pendant 5, et après la naissance de Logan, mon premier fils, je me suis remis au dessin de manière intensive. En 2005, un ami, Sébastien, m'a convaincu d'aller au Fan Expo pour montrer mes illustrations à Michael Turner qui m'a ramassé et ordonné de revenir avec 3 pages de BD avant la fin du Con, ce que j'ai fait, puis pendant 3 ans, j'y suis retourné à chaque fois, jusqu'à son décès. Depuis, je n'ai pas arrêté de retravaillé ma vieille histoire, comme Michael m'avait dit de le faire, et elle est devenue ce qu'est The Wolfdragon maintenant. C'est en partie grâce à lui si mon héros Nat et les autres ont pu voir le jour en dehors de ma table à dessin.

Parmi les artistes que tu cites, quels sont ceux qui t'ont le plus inspiré ? Ceux qui t'ont permis de trouver ton propre style, et d'évoluer.

Frank Miller, Mike Mignola, Simon Bizley, Marc silvestri, Jim Lee , Dale Keown, Juan Ginemez, Arthur Adams, Frazetta et Greg Capullo du côté illustration et storytelling, et côté professionnel Michael Turner et Clément Sauvé, deux grands talents (RIP) qui ont pris le temps de me conseiller et m'enligner

Si tu devais choisir une seule BD (euro, manga, comics, etc), celle que tu aurais aimé imaginer, dessiner, etc. Laquelle serait-ce ?

Les Metabarons ou Judge Dredd.

Pourquoi les Metabarons ou Judge Dredd ? Qu'est-ce qui te plait vraiment dans ces BD ?

Les Metabarons a été une des séries qui m'a le plus frappées (c'était ma première BD européenne mature) et je n'avais réussi à trouver que le volume 8 intitulé "Sans-Nom le dernier des Métabarons", jusqu’à la sortie des "Arme du Meta-Baron" de Jodorowsky et Travis Charest. J'ai été désappointé que Travis ne l'ai pas fait seul, je me souviens très bien d'avoir souhaité avoir la chance de pouvoir compléter cette œuvre à la place de Janjetov car je trouvais que son style ruinait la magie de ce livre.

Judge Dredd car je l'ai découvert dans les pages de Batman/Judge Dredd Judgment on Gotham par Grant/Wagner/Bisley et WOW! un vrai chef-d'œuvre, et malgré que j'adore Batman, jamais je ne souhaiterais l'avoir créé, comme Hellboy et Sin city, ce sont mes idoles qui les ont créées et qui m'ont donné la passion pour la BD et j'aime plus les lire que l'idée de les avoir créées. Mais Judge Dredd, ça m'a fait "ça c'est le genre de BD que j'aimerais créer un style cyberpunk un peu à la Blade Runner avec un perso hardcore comme avec les Metabarons".

Mais il y a pleins d'autres BD que j'aurais voulu créer comme Elephantmen parce que j'adore le concept qui est un mélange de Blade Runner (encore) et la Planète des Singes, j'aimerais être un artiste de la série.

Avec quels autres artistes, que ce soit un dessinateur, un encreur, un scénariste ou autre, aimerais-tu travailler un jour ?

Frank Miller, Jodorowsky, Richard Starkings de Elephantmen, Kirkman, Silvestri et Eastman sur les TMNT old school.

Quelles sont tes autres sources d'inspirations pour créer une BD ?

Je suis un grand passionné de films et d'animations ce qui m'inspire beaucoup dans mes créations. J'aime bien regarder un film tout en dessinant, mais il y a aussi des livres que je lisais étant plus jeune comme par exemple, les légendes Arthuriennes, les trois mousquetaires, Sherlock Holmes, the Hitchhiker Guide to the Galaxy, etc...

As-tu d'autres passions que la BD ? Si oui, lesquelles ?

Oui! L'animation 2D et 3D, et je suis un grand passionné de cinéma. J'aimerais beaucoup travailler sur des projets de jeux vidéo et films en tant que designer, storyboard artist et Animateur 3D.

Avec quels artistes aimerais-tu collaborer ? Et avec quels artistes as-tu déjà collaboré ?

- Richard Starkings sur Elephantmen, Mike Mignola, Marc Silvestri, Alexandro Jodorowsky, Frank Miller, Dale Keown, Joe Benitez, et Masamune Shirow qui m'a aussi beaucoup influencé.

- J'ai collaboré au prochain volume d'Heroes of the North Legacy. Il se peut que je collabore avec Steph Dumais, et actuellement, je développe un projet avec Valentin Therriat et avec l'émission Comic book culture. Plus d'infos à venir.

Quel matériel utilises-tu pour faire tes dessins ? As-tu des préférences ?

J'utilise :

- un crayon à mine Staedtler mars technico avec des mine de 4H à H

- pour l'encrage, s'il n'est pas fait sur Photoshop, je me sers de Pigment liner .3 à .5 avec des brush marker Faber Castel. J'expérimente aussi avec des pinceaux et Pentel brush pen.

- mes couleurs sont faites sur Photoshop, mais de ce côté aussi j'expérimente. Dernièrement avec des Touch markers et éventuellement de la peinture aussi je me suis procuré un Air brush.

Quelle est ta méthode de travail ? Comment procèdes-tu pour réaliser tes planches ?

Ça dépend du projet, mais je commence toujours par sketcher et faire les layouts des pages sur papier. Parfois, je les scanne immédiatement et les termine sur Photoshop avec ma tablette graphique et d'autres fois, je termine le dessin à la mine avant de le scanner et d'encrer sur Photoshop.

Je préfère personnellement la deuxième méthode, mais quand la deadline est courte, je fais avec la première même si c'est plus long, le final en vaut la peine.

Tu as des horaires fixes ? Ou tu bosses un peu "à la cool" ?

Un peu trop à la cool dernièrement. Je devrais m'organiser un peu plus, malgré que je bosse durant des heures et des heures. Un rythme de fou.

En plus de dessiner, tu écris aussi tes scénarios, notamment pour Wolfdragon et Nat. Comment trouves-tu ton inspiration ? Te forces-tu à trouver des histoires ? Ou tu les laisses venir à toi ?

Mon inspiration vient de toutes mes passions. Je mélange tout, BD, comics, manga, anime, films, lecture. En général, je me choisis un thème genre sci-fi ou surnaturel et je commence par créer le personnage en lui donnant vie après quoi, je développe l'univers en dessinant les designs. Une fois que tout ça est fait, j'écris le plot [synopsis, trame NDLR.] de l'histoire, ensuite une version plus développée mais toujours sans les dialogues et c'est alors que je commence les layouts des pages. Pour finir, j'écris le scénario complet avec seulement les bases du dialogue et j'attaque les layouts finaux suivis des pages finales après je repasse les pages en finissant les dialogues.

Tes principaux projets sont donc Nat et Wolfdragon. Peux-tu nous en dire plus sur ces deux séries ?
Nat est un mercenaire aux tendances psychotiques et narcissiques, un hybride créé par une race nommée les Ingénieurs avec une partie d'ADN humain, qui a été sauvée par un robot assassin envoyé pour éliminer les Ingénieur et leurs expériences mais il décida de se sauver avec Nat et de l’élever pour qu'il devienne un mercenaire. On peut comparer ça à un mélange de Dexter, Blade Runner et Albator.

Je travaille sur la suite des deux histoires déjà publiées et qui sera en 6 ou 8 parties.

Wolfdragon est quant à lui le dernier dragon vivant, né sous forme humaine, et élevé par un chevalier immortel. Il est le seul à pouvoir nous protéger et empêcher les forces du mal de replonger la Terre dans l'obscurité, Wolfdragon doit rétablir la balance de la Nature en éliminant les anciens démons et leurs armées qui polluent notre monde. Après plus de 1500 ans, Wolfdragon va devoir affronter le démon responsable de l'extinction de sa race, Dameus, qui amène le chaos.

La première série sera de 3 volumes de 35 pages environ, je prépare un kickstarter pour le financement et aussi une animation 3D.

As-tu des projets en cours autres que Nat et Wolfdragon ? Si oui, lesquels ?

J'ai un concept d'histoire de zombies (Reaper) que j'aimerais bien finir de développer et un autre projet inspiré du Frankenstein de Mary Shelley.

J'ai aussi quelques histoires courtes comme Agent Fate, La vengeance de Kealen, Laughing jerk, et quelques autres avec lesquelles j'ai pensé monter un collectif d'histoires courtes.

Qu'est-ce qui t'a poussé à créer Nat ? Et Wolfdragon ? Comment te sont venues les idées pour ces deux séries ?

Je n'ai jamais vraiment désiré travailler sur des super-héros donc j'ai décidé de créer des personnages et des concepts originaux et qui n’étaient pas du super-héros. C'est de là que Wolfdragon, au début appelé The Everheart Chronicles, et Nat me sont apparus.

Mais Wolfdragon vient aussi de mon amour pour la fantasy, les dragons et le personnage principal porte le prénom de mon plus vieux fils Logan. C'est pareil pour Nat sauf c'est ici tout ce que j'aime de la sci-fi/cyberpunk. Et concernant le nom du personnage, il s'agit du diminutif du prénom de mon plus jeune, Nathan.

Que penses-tu de l'état de la BD Québécoise actuellement ? Et de la BD en général ?

Je crois qu'elle est en pleine croissance malgré la compétition malsaine et la division de genre. Pour moi, la BD, que ce soit les comics US (super-héros ou indies), la BD euro, ou les mangas, c'est de la BD, peu importe d'où elle vient. La BD devrait être divisée seulement par leur genre littéraire sci-fi, horreur, comedie, fantastique, mais la distribution et la vente devraient être réglementées et internationales.

Il est aussi temps que le monde se réveille, ce n'est pas pour rien que la plupart des films sont tirés de BD, c'est loin d’être un médium seulement pour enfants, il y a beaucoup plus de BD pour les adultes.

Quels conseils pourrais-tu donner aux jeunes qui voudraient se lancer dans la BD ?

- Apprenez à accepter et apprécier la critique qu'elle soit bonne ou non, et a ignoré celles qui ne sont pas constructives, c'est très important !

- Ne jamais cesser de dessiner et de sortir de sa zone de confort pour pouvoir évoluer.

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre à mes questions, un vrai plaisir de te lire !

Tag(s) : #Interview

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