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Le très grand nettoyage, quand le monde dérive...

Titre : Le très grand nettoyage
Auteur : Romuald Reber
Illustrateur : -
Éditeur : Rodarima
Pages : 230
Quatrième de couverture : Jeremy Parker est chercheur en nanotechnologies. Il a 27 ans, et vit à Londres en 2025. Le monde est saturé de déchets, il pleut du plastique à chaque orage. La nourriture commence à manquer. Lui, rêve de nettoyer la planète grâce à ses inventions. Mais la triste réalité économique de la société, profondément cynique, qui l'entoure, le contraint à travailler sur des projets moins idéalistes...
Alors que la majorité des urbains des grandes capitales prennent de la drogue du rêve pour fuir leur triste quotidien, lui s'accroche à son projet. Il y consacre tout le temps que son travail lui laisse. Mais, bientôt, une suite d'évènements incontrôlés va tout faire bascul
er.

Disons-le, l'auteur suisse Romuald Reber n'est pas un grand écrivain. Mais ce n'est pas parce que l'on n'est pas un grand écrivain, que l'on ne peut pas écrire de bonne histoire. Après nous avoir proposé Prime de Vie en 2009, Reber nous a proposé Le très grand nettoyage en 2010, puis Rayonnement en 2012. Ayant lu les trois ouvrages, je peux vous dire que Le très grand nettoyage est celui que j'ai préféré.

J'ai lu les récits de Romuald Reber un peu dans le désordre. J'ai commencé par Prime de Vie (le premier), j'ai enchainé sur Rayonnement (le troisième), et j'ai terminé avec Le très grand nettoyage (le second).
Au fil de ces lectures, j'ai pu remarquer quelques problèmes récurrents dans les écrits de Reber, des problèmes qui sont présents dans ses trois histoires. Le premier souci est un souci d'ordre rédactionnel puisque Reber a tendance à faire pas mal de répétitions, que l'on soit dans une même phrase, dans un même paragraphe, dans une même page et dans un même chapitre. Ce qui coince, c'est que ça alourdit le texte, et c'est un peu fatiguant pour le lecteur. En plus de ça, certaines tournures de phrases deviennent plutôt bizarres, bancales, et ça part un peu dans tous les sens. On a ensuite les dialogues, beaucoup trop théâtral, qui manquent de naturel, ce qui est aussi le cas de la gestuel des personnages, parfois trop surréaliste. Quand on lit, on n'a pas vraiment l'impression d'avoir affaire avec des êtres humains. Ce serait comme si nous regardions un film dans lequel tous les personnages étaient doublés par la même personne. Au final, on a beaucoup de mal à ressentir les émotions des personnages qui s'apparentent plus à des androïdes qu'autre chose, et l'empathie ne se fait pas forcément.

Venons-en maintenant à l'histoire en elle-même de ce Très grand nettoyage. Plusieurs thèmes se mélangent ici, comme pour les deux autres ouvrages de Romuald, le social, la technologie, l'écologie, la décadence de l'homme, etc. Ce sont des thèmes très communs à l’œuvre de l'auteur, surtout l'écologie et le technologique, qu'il met sous en opposition l'un à l'autre, comme c'est le cas de l'ouvrage dont je vous parle. Pour ma part, je trouve que c'est une bonne chose, ça permet à Reber de bien traiter ces questions, ces thèmes, et d'aller un peu plus en profondeur. Malheureusement, il a beaucoup, beaucoup de choses à partager, mais le format qu'il emploie n'est pas le bon. D'autant plus qu'il a une fâcheuse tendance à émettre de nombreuses idées en rapport avec le thème principal, mais ce sont des idées qui donnent une lourde impression de surenchère et qui ne font pas toujours avancer l'histoire, au contraire, elles la ralentisse, perdent le lecteur, et quand le lecteur est un peu perdu, son réflexe est de reposer le livre. À côté de ça, le sujet du Très grand nettoyage est très intéressant. Il tourne autour des nanotechnologies, de leurs utilisations, etc. Ce bouquin est un bouquin de SF et d'anticipation. Dans l'esprit de Romuald Reber, et dans le futur qu'il s'y imagnie, les nanotechnologies ont un rôle très important à jouer, malheureusement, comme beaucoup d'inventions actuelles, elles ne sont pas utilisées à bon escient. Pour le montrer, il nous envoie en 2025, sur une Terre envahie et ravagée par les déchets créés par l'Homme, des déchets dont tout le monde se fiche, que ce soient les politiques ou le peuple. Sauf Jeremy Parker, chercheur spécialiste en nanotechnologies, qui fait tout pour sauver la Terre d'une fin certaine. Malheureusement, il n'a d'autres possibilités que celles de fournir l'armée en armes nanotechnologiques ou bien de travailler sur des projets bien moins utiles. Après tout, puisque ça n'intéresse personne de sauver le monde, pourquoi perdre son temps...

C'est une réalité, le monde fonctionne de cette manière. Pourquoi s'occuper de ce dont les autres se fichent ? Pourquoi tenter de faire évoluer les choses quand personne ne veut s'en charger ? Reber l'illustre très bien avec Le très grand nettoyage, et ce, malgré les problèmes que l'on trouve dans ce dernier. L'intrigue est intéressante, bien qu'elle se retrouve quelque peu dans un imbroglio de détails qui n'ont pas forcément leur place ici et qui coupe le rythme de l'histoire. Cela dit, on se laisse facilement prendre par les mots de l'auteur, et cela fait par moment réfléchir. Je vous invite à lire l'extrait disponible en ligne pour vous faire une petite idée sur le livre.

J'en profite pour signaler que le livre est aussi édité chez Edilivre depuis février 2014, afin de faciliter l'accès des lecteurs français à ce dernier.

Enfin, il est aussi disponible en audiobook, extrait ici et ici.

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Tag(s) : #Chronique Littérature

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