Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

[Interview] Guilhem Méric, auteur de la saga Myrihandes

Pour cette deuxième interview sur Flynn SFFF, c'est Guilhem Méric, l'auteur de la saga Myrihandes, qui répond à mes questions !

Flynn SFFF : Bonjour Guilhem, pourrais-tu te présenter aux lecteurs qui vont lire cette interview et qui ne te connaissent pas tous ?

Guilhem Méric : Eh bien, disons que je suis ce que j’aime bien appeler un « imaginariste », une sorte de storyteller touche-à-tout qui a commencé à raconter ses histoires échevelées dans de petites BD, avant de s’attaquer un peu plus tard à quelques nouvelles et, finalement, à des romans. Je me suis nourri durant des années de comics Marvel (sans me douter une seconde que tous mes héros préférés seraient un jour adaptés au cinéma !) et suis tombé amoureux des œuvres de Stephen King à 18 ans. A partir de là, j’ai dévoré tout ce qui me tombait entre les mains en matière de fantastique et d’épouvante. Mon premier roman, d’ailleurs, La Conjuration des Sept, est très imprégné de cette période.

Ensuite, c’est l’univers de la chanson, de la musique, qui m’a attiré. Et cela, durant près de 20 ans. J’ai composé beaucoup de chansons en solo, avant de me lancer dans l’écriture et la production d’une comédie musicale : Isabelle et le Roi, qui a connu un petit succès et que j’ai eu le plaisir et l’honneur de présenter au Palais des Glaces de Paris. L’album est en vente sur les plateformes numériques depuis l’an dernier, et j’avoue que j’ai cherché longtemps à signer avec une Major. Mais la crise du disque m’a remis les pieds sur terre. L’avenir, aujourd’hui, appartient au spectacle vivant.

Je suis donc revenu à mes anciennes amours, à l’essentiel : l’écriture. Et l’histoire de Myrihandes s’est imposée à moi en 2005, après la révélation cinématographique du Seigneur des Anneaux.

Flynn SFFF : Comment as-tu démarré l’aventure de Myrihandes ?

Guilhem Méric : J’habitais Paris quand cette histoire m’est venue. Et à vrai dire, le support n’était pas très clair dans ma tête. Roman ou scénario de film ? J’hésitais entre les deux. Et la toute première version trahissait bien cette indécision. Il m’a fallu du temps pour savoir vraiment où j’allais, comment j’allais raconter cette saga. Car une chose était évidente : ce serait une grande fresque épique !

Je voulais toucher à un thème universel, contrairement à la comédie musicale que j’avais écrite quelques années plus tôt, qui parlait d’une petite abbaye perdue au fin fond du sud de la France. Et l’idée des âmes-sœurs s’est imposée d’elle-même. J’ai toujours été fasciné par cet idéal, cette question qui taraude et fait rêver beaucoup d’entre nous. Et j’ai senti que je tenais là un bon sujet, qui plus est jamais exploité dans le monde de la fantasy. L’inspiration de ces êtres merveilleux, les Myrihandes, unissant deux âmes-sœurs en un seul et même corps, m’est venue de Platon, de son Discours d’Aristophane écrit dans Le Banquet, que j’ai découvert à travers une chanson de l’artiste Claire Pelletier. Ça a été le déclic ! A partir de là, je n’ai cessé de développer le thème, de l’enrichir, jusqu’à créer une bible complète de l’univers, des personnages, des races et des principaux lieux. Un travail laborieux mais passionnant, qui m’a permis de bâtir toute ma mythologie.

Flynn SFFF : Qu’est-ce qui te pousse à continuer ? Parce qu’il faut savoir que tu travailles de ce fait bénévolement, tu n’es pas rémunéré pour ton travail sur le second tome de Myrihandes.

Guilhem Méric : En effet, il n’y a pas de signature avec un nouvel éditeur, donc pas de rémunération. Mais les choses peuvent changer ! Et c’est ce que je m’emploie à faire. Jusqu’ici, la passion a toujours été le moteur. D’ailleurs, si vous voulez écrire des romans pour être riche à millions, songez tout de suite à trouver un autre créneau ! L’envie, le plaisir, doivent toujours être l’élément le plus important dans ce travail. Et la foi, bien entendu. Sans ça, on peut désespérer et abandonner très vite.

J’ai écrit le tome 2 de Myrihandes, à l’origine, en pensant le publier chez le même éditeur que le 1er tome. Mais le destin en a décidé autrement, et la saga a été interrompue. Mais le livre, lui, existe. Décidé à ne pas laisser mes lecteurs dans l’ignorance de la suite, j’ai d’abord créé le groupe Facebook Sagamyrihandes : celui-ci permet aux internautes de découvrir semaine après semaine un nouvel épisode inédit du tome 2, enrichi de musiques, d’illustrations et de nombreux bonus. Une façon de continuer à faire vivre la saga.

Mais le chemin ne s’arrête pas là. Je viens de créer un projet Ulule qui doit me permettre de récupérer mes droits sur le tome 1 et de pouvoir ainsi proposer toute la saga à un nouvel éditeur. Qui plus est avec ce fameux tome 1 totalement remanié ! D’ailleurs, pour rejoindre la communauté Ulule sur ce projet, rien de plus facile, rendez-vous ici : http://fr.ulule.com/myrihandes

Flynn SFFF : Quelle relation entretiens-tu avec tes lecteurs ? Es-tu proche d’eux ? Je veux dire par là, prends-tu en compte leurs remarques, etc ?

Guilhem Méric : Je suis proche de certains d’entre eux et je réponds à toutes les questions qu’on me pose, en général. Certains sont vraiment adorables et m’encouragent à poursuivre le « combat » ! J’adore le contact, c’est un moment de vrai plaisir de pouvoir partager avec d’autres les histoires que j’ai couchées sur le papier. Et c’est aussi un moteur. Les moments de doute sont fréquents et toujours difficiles pour un auteur, qui exerce un travail très solitaire. Et toutes ces discussions sont des cadeaux. Elles se font surtout sur les salons, les interventions dans les lycées et, bien sûr, les réseaux sociaux, Facebook en tête de liste.

Il m’arrive de tenir compte de certaines remarques, en effet. Elles entrent dans une espèce de marmite intérieure, s’ajoutent à mes propres ingrédients pour faire prendre la sauce de manière parfois différente. On n’est jamais à l’abri d’une bonne idée !


Flynn SFFF : Quelles sont tes sources d’inspirations ? Puises-tu dans tes lectures, dans ce que tu vois, etc ?

Guilhem Méric : Elles viennent de tout ce qui m’entoure. En fait, l’imaginaire n’est jamais au repos. Il fonctionne en permanence, malgré soi, en vacances, en voyage, devant un film, un documentaire, en lisant un livre… Un petit détail est susceptible de créer un déclic, de résoudre un problème, de donner un angle de vue différent sur une résolution d’intrigue. C’est assez amusant, en fin de compte !

Par ailleurs, il y a la musique. Une grande source d’inspiration, qui m’accompagne toujours dans l’écriture. J’ai une belle collection d’albums, essentiellement des BO de films, sans parler de mes playlists sur Deezer. Je cite d’ailleurs, à la fin de mes romans, les noms des albums et des compositeurs qui on accompagné mon travail d’écriture. Comme un hommage. Les mélodies, les ambiances musicales, donnent une couleur, une atmosphère à mon imagination. Elles facilitent l’immersion. C’est très important quand je me plonge dans des scènes fortes. Quitte à passer en boucle pendant des heures un seul et même morceau ! Au bout d’un moment, je ne l’entends plus : je suis simplement dans le moment. Dans l’action de mes personnages.

Flynn SFFF : As-tu d’autres projets en préparation ? Des BD’s, des films ou des romans ?

Guilhem Méric : J’ai deux autres romans en lecture chez quelques éditeurs. Pas de la fantasy, cette fois, mais du fantastique teinté de thriller.

En préparation, oui, je suis sur les Chroniques des Terres d’Oesion : avec une sorte de spin off sur l’un des personnages favoris des lecteurs de Myrihandes : Farf l’Anachrone. Je raconte son aventure personnelle, avant qu’il ne devienne l’ami d’Helya que les fans connaissent. C’est un petit rigolo haut en couleur, tantôt intrépide et froussard, maladroit impénitent et spécialiste des jurons les plus abracadabrants ! Et, bien sûr, j’avance à présent sur le 3ème et dernier tome de Myrihandes : Le Lac aux Larmes d’Or. Une sacrée gageure. C’est très difficile de boucler une saga de 1500 pages, dont l’histoire vous poursuit depuis bientôt 10 ans !

A côté de ça, je travaille sur le projet d’adaptation cinéma de Myrihandes, comme c’est possible de le voir en allant sur le site www.myrihandes-lefilm.com . C’est aussi pour cela que je continue si ardemment de défendre cette saga. Je ne peux en révéler plus pour l’instant, mais je peux au moins vous dire une chose : il y a du boulot !

Flynn SFFF : Aurais-tu quelques conseils à donner à de jeunes auteurs qui cherchent à se faire éditer ?

Guilhem Méric : Comme le disait Al Pacino dans l’Associé du Diable : « Il n’y a rien de plus pervers qu’un conseil ! ». Les miens seront naturellement dictés par ma seule expérience. Mais je sais qu’il faut avant tout être armé d’une solide détermination, et avant de se lancer dans l’écriture d’une histoire, se poser les bonnes questions : à qui est-ce que je m’adresse ? Est-ce que mon idée a déjà été traitée par d’autres et de quelle façon ? Comment mes personnages évoluent en eux-mêmes au fil de l’intrigue ? Est-ce que mes coups de théâtre, mes cliffhangers, fonctionnent bien ? Est-ce que tel ou tel chapitre ou personnage est bien nécessaire ?

En cela, la lecture d’ouvrages sur l’écriture de scénarios peut être très utile. Cela donne souvent une autre approche sur la façon de construire l’histoire et la psychologie des personnages. Notamment pour éviter les clichés, les stéréotypes…

Et puis enfin, faites preuve de patience, de combativité, d’originalité. N’oubliez pas que les éditeurs reçoivent des centaines de manuscrits par an et que personne ne vous attend. Provoquez les rencontres, sachez trouver la bonne distance, rappelez-vous régulièrement (mais pas trop souvent) au souvenir de vos éditeurs favoris. En cela, les salons sont les meilleurs endroits pour faire des rencontres capitales. Et enfin, croyez en vous !

Flynn SFFF : Merci d’avoir répondu à mes questions et bonne continuation ! :)

Guilhem Méric : Merci à vous !

Tag(s) : #Interview

Partager cet article

Repost 0